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Vote Condorcet

Attention à l'utilisation du terme "participants", car cela pourrait désigner les votants comme les candidats !

FICHE À RELIRE

Description

Le Vote Condorcet est un mode de votation qui cherche à identifier la proposition préférée par la majorité des votants face à toute autre, lors de comparaisons directes deux à deux.
Autrement dit, la proposition gagnante — appelée vainqueur de Condorcet — est celle qui, mise en duel avec chacune des autres propositions, est choisie par la majorité des votants.
Ce système vise à refléter la cohérence collective des préférences, plutôt qu’un simple décompte de premiers choix. Il s’inscrit dans une logique délibérative et nuancée, adaptée à des votations comportant plusieurs options ou scénarios alternatifs.
Important : bien que le Vote Condorcet soit souvent cité car élégant mathématiquement, sa mise en place et compréhension est complexe. D-Demain le déconseille en pratique.

Mise en place

  1. Liste : établir une liste de toutes les propositions/candidats.
  2. Bulletin de vote ou Vote en ligne : 

    • un bulletin de classement sur lequel les votants peuvent ordonner toutes les propositions de la plus préférée à la moins préférée.

    • Il est possible d’autoriser les égalités de préférence (selon la variante utilisée).

  3. Votation : le votant effectue le classement.

  4. Dépouillement :

    • Une fois les classements recueillis, on compare chaque paire de propositions : pour chaque duo, on compte combien de votants préfèrent A à B, et combien préfèrent B à A.

    • Ces comparaisons sont synthétisées dans une matrice de préférences.

  5. Résultat : la proposition qui l’emporte dans tous ses duels est le vainqueur Condorcet.

Cas d’absence de vainqueur clair (paradoxe de Condorcet) : Il arrive que les préférences collectives forment un cycle (ex. : A > B, B > C, mais C > A). Dans ce cas, on applique une méthode de résolution comme Condorcet-Schulze ou Condorcet-Median pour départager les propositions.

Caractéristiques

  • Équité : prend en compte l’ensemble des préférences des électeurs, pas seulement leur premier choix.
  • Résistance au vote stratégique : moins vulnérable à la manipulation que d’autres systèmes (ex. : vote majoritaire).
  • Exhaustivité : considère toutes les préférences exprimées, ce qui reflète mieux les nuances des opinions.
  • Robustesse : si une proposition est préférée par la majorité face à toute autre, elle gagne toujours (respect du critère de Condorcet).
  • Complexité : nécessite un calcul plus élaboré que le vote uninominal à un tour et est plus difficile à comprendre par les votants.
  • Possibilité de paradoxe : dans certains cas, aucun vainqueur clair n’émerge (cycle de Condorcet), nécessitant une résolution.

Points d'attention

  • Complexité de dépouillement : les calculs peuvent devenir lourds lorsque le nombre de propositions est élevé.

  • Accessibilité pour les votants : le classement complet demande plus d’attention qu’un vote unique.

  • Cas de cycles : le paradoxe de Condorcet peut empêcher une désignation directe, nécessitant une méthode complémentaire.

  • Communication du résultat : expliquer les résultats aux votants peut être difficile, car la méthode est moins intuitive que le vote majoritaire.

Points d'amélioration

  • Outils numériques : des plateformes de vote en ligne (1) permettent d'automatiser les résultats et la visualisation des duels.

  • Pédagogie : fournir des exemples simples ou des simulateurs avant la votation aide les votants à comprendre le fonctionnement.

  • Variantes simplifiées : utiliser des méthodes dérivées comme Schulze, Ranked Pairs ou Tideman, qui conservent l’esprit Condorcet tout en simplifiant la résolution des cycles.

  • Débat préalable : favoriser la délibération avant la votation renforce la pertinence des classements exprimés.

  • Simplification des calculs : Développer des algorithmes plus efficaces pour traiter les comparaisons par paires, notamment pour de grands ensembles.
  • Résolution des cycles : Adopter des méthodes robustes comme la méthode Schulze ou Kemeny-Young pour gérer les cas où aucun vainqueur de Condorcet n’existe.
  • Accessibilité : Simplifier l’explication et la présentation des résultats pour les rendre compréhensibles par un public non technique.
  • Outils numériques : Utiliser des plateformes numériques pour faciliter le vote et le dépouillement, réduisant ainsi le risque d’erreurs.
  • Éducation des électeurs : Sensibiliser les électeurs à l’importance de fournir des classements complets et sincères.

Exemple concret

Imaginons une élection avec trois candidats (A, B, C) et 100 électeurs. Les préférences sont :

  • 40 électeurs : A > B > C
  • 35 électeurs : B > C > A
  • 25 électeurs : C > A > B

Matrice des duels :

  • A vs B : 65 (40+25) préfèrent A, 35 préfèrent B → A gagne.
  • A vs C : 40 préfèrent A, 60 (35+25) préfèrent C → C gagne.
  • B vs C : 75 (40+35) préfèrent B, 25 préfèrent C → B gagne.

Résultat : Pas de vainqueur de Condorcet (A bat B, B bat C, C bat A → cycle). Une méthode comme Schulze peut être utilisée pour résoudre ce cycle, en classant les candidats selon la force des préférences.


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